Se préparer à la césarienne : nos conseils pour mieux la vivre

Césarienne : le mot tend redouté chez les femmes enceintes. Et pourtant, 1 femme sur 5 accouche par voie haute. Alors, comment être prête à donner naissance par intervention chirurgicale quand on ne rêve que d’une chose : mettre au monde son enfant de manière naturelle ? Dans cet article, on vous partage 5 conseils pour se préparer à la césarienne et faire de cette expérience un souvenir positif !

Accoucher par césarienne : une autre manière de donner naissance

Qu’est-ce qu’un accouchement par intervention chirurgicale ?

Avant toute chose, savez-vous d’où vient le mot « césarienne » ou plutôt quelle est son étymologie ? Il provient du verbe latin «caedere» qui signifie couper. À l’époque, un enfant qui naissait par césarienne était appelé un « caesar » et l’opération ne se résumait ni plus ni moins qu’à l’incision de l’utérus. Forte heureusement, les pratiques ont aujourd’hui bien changé.

De nos jours, on définit une césarienne comme une méthode d’accouchement par assistance médicale quand l’enfant ne peut pas naître par voie naturelle. Elle consiste à extraire le nouveau-né de la mère par le biais d’une intervention chirurgicale. Pour cela, l’obstétricien effectue sous anesthésie une incision d’environ 10 cm à l’horizontale au niveau du pubis. Bien qu’elle puisse faire peur à beaucoup de femmes enceintes, la césarienne est désormais une opération courante dont le processus est maîtrisé. Notez que les accouchements par voie haute représentent 1 cas sur 5. Depuis 35 ans, le pourcentage de césariennes a doublé. Il est passé de 10,9 % en 1981 à 20,2 % en 2014. Mais ce chiffre tend à se stabiliser, car depuis 2003, il tourne autour des 20 %.

Les différentes formes de césariennes

En fonction des antécédents, de l’état actuel de la mère et de l’enfant ou du travail, la décision d’effectuer une césarienne peut être programmée ou faite en urgence. On vous explique tout ça juste en dessous.

La césarienne programmée

Quand on parle d’une césarienne programmée, on sous-entend qu’elle est prévue. Au cours de votre grossesse, votre gynécologue obstétricien peut à l’aide d’échographies et d’examens médicaux conseiller un accouchement par intervention chirurgicale. C’est aux alentours du 8e voire du 9e mois que la décision peut être prise. Dans quel cas se voit-on proposer une césarienne programmée ? Cela dépend des caractéristiques de votre grossesse, de la position du bébé ou de vos antécédents. Par exemple, un accouchement par voie haute peut être programmé quand :

  • il y a grossesse multiple ;
  • le bébé se trouve dans une position risquée ou qui ne facilite pas le travail naturel (position horizontale, position en siège) ;
  • le poids du bébé est trop important par rapport à votre morphologie ;
  • il y a des antécédents de césarienne ;
  • le fœtus présente un retard de croissance ;
  • il y a présence d’une pathologie ;
  • la demande provient de la mère ;
  • etc.

Mais gardez à l’esprit que ces cas de figure sont des généralités. Chaque césarienne est étudiée au cas par cas et réévaluée tout au long de la grossesse, jusqu’à l’accouchement. Vous pouvez très bien vous faire proposer un accouchement par césarienne, et le jour J, donner naissance à votre enfant par voie naturelle.

Enfin, les césariennes programmées représentent 40 % des accouchements chirurgicaux.

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La césarienne en cours de travail


C’est la plus fréquente, car les césariennes en urgence représentent 60 % des cas. Elles ont lieu pendant le travail ou quand une première tentative d’accouchement par voie naturelle a été effectuée, mais qu’elle n’a pas été concluante. Dans ce cas, l’équipe médicale décide de ne pas prendre de risques et d’opter avec le consentement de la mère, par un accouchement chirurgical.

Quand le travail est bloqué, c’est que quelque chose coince et que tout n’est pas optimisé pour que la mère puisse donner naissance naturellement. On compte parmi ces raisons :

  • le col de l’utérus qui ne se dilate pas comme il le devrait dans le temps imparti ;
  • le rythme cardiaque du bébé qui ralentit. On parle alors de souffrance fœtale ;
  • le bébé qui se présente dans une mauvaise position ;
  • l’état général de la maman. Si elle est en incapacité de pousser, car trop épuisée, il faudra déclencher une césarienne ;
  • etc.

Comment se préparer à la césarienne ? Nos 5 conseils

L’annonce vient de tomber : vous accoucherez par césarienne. Passé le choc, vous allez devoir rassembler votre énergie pour vous préparer à mettre au monde votre enfant par voie haute. Mais comment fait-on justement ? On vous donne quelques conseils pour mieux appréhender cette intervention.

1/ S’informer

Se préparer à la césarienne passe avant tout par l’information. Alors, il y a deux cas. Soyons honnête, si l’intervention chirurgicale vous est annoncée pendant votre travail, et que la minute d’après on vous emmène au bloc, vous n’aurez pas de répit pour réaliser, donc pas le temps de vous préparer. En revanche, si elle est programmée, vous aurez suffisamment de temps pour appréhender positivement l’expérience qui vous attend. Pour cela, n’hésitez pas à vous informer, à en discuter avec votre entourage, avec l’équipe médicale ou sur le forum de la Césarine. Faites part de vos peurs à des femmes qui sont passées par là et consultez des témoignages positifs. Cela peut vous aider à aborder cette manière de donner naissance différemment que ce à quoi vous auriez pu penser.

Pensez aussi au travail intérieur comme l’a fait Laurie : « Passé le choc de l’annonce, j’ai mis toute mon énergie non pas dans la recherche d’une solution pour l’éviter, mais dans un travail intérieur pour la vivre au mieux. J’allais vivre un accouchement différent, mais pas moins bien ».

2/ Adapter sa valise de maternité

Se préparer à un accouchement chirurgical signifie aussi revoir quelque peu l’organisation de sa valise de maternité. En ce qui concerne le bébé, rien ne change. En revanche, en tant que maman, vous aurez peut-être du mal à vous baisser ou à supporter les vêtements en raison de la cicatrice. Veillez à ne pas emporter avec vous des habits trop serrés comme des leggings ou des culottes à élastiques. Prévoyez large et confortable le temps que votre corps se remette de l’intervention.

3/ Apprendre à déculpabiliser

Beaucoup d’étiquettes sont posées au sujet de l’accouchement par césarienne. Cette manière de donner naissance à son enfant n’est pas souvent bien acceptée par les mamans : l’impression de ne pas avoir été capable, d’avoir subi une trahison de son propre corps, de ne pas se sentir légitime en tant que mère, etc. Pourtant, les accouchements qui se terminent par césarienne ne sont pas nécessairement liés au corps de la femme, mais résultent plutôt de facteurs extérieurs. L’accouchement par acte chirurgical arrive souvent par un effet domino. Par exemple, cela peut être dû à un arrêt de la progression du bébé lorsque la maman n’est plus en possibilité de se mouvoir, elle peut aussi avoir subi un changement négatif impactant directement le processus de naissance comme un changement de lieu, de soignants, le froid, la faim, etc.

Dans le cas d’une césarienne prévue, c’est que la santé de la maman ne permet pas de poursuivre la grossesse à terme, que le bébé se trouve dans une position trop risquée ou qu’il y a présence d’une pathologie qui nécessite d’abréger la grossesse. Face à ces complications, la médecine est là pour donner un coup de pouce et faire en sorte que la naissance puisse s’opérer sans risquer la vie de qui que ce soit. C’est donc une bonne chose. Il reste indéniable que vous êtes la mère de votre bébé et que vous l’avez mis au monde, mais d’une autre manière que ce à quoi vous vous attendiez.

Apprendre à déculpabiliser est important lorsque l’on accouche par voie haute. Sans ça, la césarienne pour créer un traumatisme. Devenir mère ne passe pas uniquement par le fait de donner naissance. La grossesse, le peau à peau, l’allaitement sont tout autant d’étapes de la maternité qui peuvent vous révéler dans votre nouveau rôle de mère.

4/ Écrire son projet de naissance

Le projet de naissance est tout aussi important, que vous donniez la vie par voie basse ou voie haute. Il va permettre de résumer vos attentes au regard de la naissance de votre enfant. Cela a pour but de créer la cadre le plus favorable à votre accouchement. Qu’une césarienne soit prévue ou non, prenez le temps de rédiger votre projet selon vos valeurs et vos envies.

Par exemple, vous pouvez demander à ce que le papa soit présent pendant l’intervention, de pratiquer le peau à peau une fois votre nouveau-né sorti, demander à ce que le champ opératoire soit abaissé pour voir naître votre bébé, etc.  

Le projet de naissance servira de dialogue avec l’équipe médicale d’où l’importance de bien s’informer pour se sentir suffisamment en confiance face à ses propres envies.

5/ Se préparer à l’imprévu

Votre projet de naissance physio est écrit noir sur blanc, vous savez quelle direction vous souhaitez donner à votre accouchement, vous avez suivi 3 cours de Yoga prénatal pour savoir comment gérer la douleur… mais arrive le jour J avec une complication que vous n’aviez pas prévu ! En 1 seconde, tout bascule. On vous annonce un accouchement par césarienne. Votre rêve de donner naissance par voie naturelle laisse place au cauchemar.

C’est ce qui arrive à beaucoup de femmes, dont Honorine qui témoigne « Pour cette seconde grossesse, mon bébé était en transverse et très haut. Après des tentatives infructueuses, la césarienne a été programmée le lendemain. Mon cœur s’est brisé : pourquoi n’ai-je pas eu la chance d’avoir un accouchement « normal » ? »

Voilà pourquoi il faut toujours se laisser une marge de sécurité face à ce que l’on n’attend pas. Se préparer à une césarienne, et de manière générale à un accouchement devrait finalement reposer sur une seule règle : prévoir l’imprévu.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

N’hésitez pas à nous raconter votre expérience si vous avez déjà donné naissance par césarienne.

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