Interview Exclusive de la créatrice de P’tits Dessous : Aline Wauquier nous parle de son parcours…

Pouvez-vous vous présenter et présenter votre société ?

Aline Cambier, j’ai créé P’tits Dessous en 2004, et je suis maman de 3 enfants.

Quand l’idée de créer P’tits Dessous est-elle née ?

J’ai découvert les couches lavables par hasard en surfant sur internet. A l’époque en 2003, elles étaient encore presque inconnues en France. Mes deux filles portaient des couches, ma poubelle débordait  et je trouvais choquant de produire autant de déchets, alors j’ai essayé par curiosité. Au bout d’une semaine, je ne pouvais plus m’en passer !

Mais j’avais envie de couches plus fun, plus modernes, plus pratiques, comme ces nouvelles marques américaines qui contrastaient avec les modèles en coton bio peu attrayants que l’on trouvait en France. C’est là que l’idée de P’tits Dessous est née. Puisque je ne trouvais pas les couches idéales, il ne me restait qu’à les fabriquer.

Qu’est devenue cette « petite entreprise » au fil des années ?

P’tits Dessous fut donc lancé avec les moyens du bord, car lancer une fabrication de couches lavables à une époque où personne n’y croyait n’a pas été de tout repos, on a plutôt tenté de me décourager. Au début je faisais tout, de la couture à la réalisation du site internet. Mais le succès a été rapide : le bouche à oreille a fonctionné tout de suite, et très vite des boutiques m’ont demandé de les fournir. En 2 ans, la machine à coudre s’était transformée en un atelier bien équipé, avec plusieurs salariées. La gamme de couches s’est étoffée, et l’équipe s’est agrandie rapidement.

Combien de salariés, de revendeurs, compte Ptits Dessous aujourd’hui ?

Nous sommes maintenant 10 personnes : 5 couturières, 3 assistantes commerciales qui traitent les commandes, et 2 gérants, mon conjoint François m’ayant rejoint en 2009. Nous fabriquons 3000 à 5000 couches par mois, pour approvisionner une centaine de boutiques en France et à l’étranger, et les particuliers qui achètent directement sur notre site internet.

Vous venez de lancer une gamme totalement revisitée, pouvez-vous nous en parler ?

La nouvelle collection 2011 qui vient de voir le jour est le résultat de plusieurs mois de travail, de prototypes et de tests. Depuis 4 ans, notre gamme avait très peu changé, nous restions fidèles à nos valeurs sûres. Mais nous avons toujours continué à réfléchir, à innover et à tester en interne, et nous avons voulu cette année mettre nos idées en pratique.

Nous voulions adopter une coupe plus fine sous les vêtements, plus proche de celle d’une couche jetable, et simplifier la gamme pour la rendre plus cohérente et plus facile à comprendre pour les parents novices. L’objectif semble rempli, les retours des clients sont excellents et nous avons dû augmenter la production pour répondre à la demande.

Quels sont les projets de Ptits Dessous ?

Nous avons beaucoup d’autres projets en cours. La construction d’un nouveau bâtiment pour accueillir l’ensemble de l’équipe et du stock dans de meilleures conditions. Une nouvelle gamme pour nos couches Tournesol pour les adultes. La fabrication dans notre atelier d’une célèbre marque américaine de couches lavables. Le développement de notre réseau de vendeuses à domicile, qui conseillent les parents de leur région. Et dès le mois prochain, le lancement de Liloue (www.liloue.fr), notre service de location de matériel de puériculture, une activité qui s’inscrit dans la même logique que P’tits Dessous « consommer autrement ».

Quel regard portez-vous sur le marché de la couche lavable en France ? Sur l’évolution des mentalités des parents face à l’utilisation des couches lavables ?

Nous avons vu une nette évolution des mentalités en France ces 5 dernières années. L’écologie est devenue à la mode, presque tous les parents ont maintenant entendu parler des couches lavables. Ils ne choisissent pas forcément de les utiliser, mais ils les connaissent, et on entend de moins en moins d’à priori négatifs.

Après avoir connu une explosion, le marché des couches lavables subit lui aussi la crise : les parents hésitent à investir à long terme, retardent leurs achats, et réduire les déchets n’est plus leur première priorité. Mais ils restent très demandeurs de produits de qualité, solides, plutôt que de prix bas. La baisse des ventes à fragilisé beaucoup de boutiques en ville, que nous avons vu fermer à regret car elles étaient souvent tenues par des mamans passionnées qui connaissaient très bien les couches lavables et assuraient un service de qualité. Mais nous sommes optimistes pour les perspectives à long terme : dans les pays anglo-saxons, 15 à 20% des bébés portent des couches lavables, nous sommes persuadés que nous y viendrons aussi un jour.

Pouvez-vous nous parler de votre engagement pour proposer toujours du «  Made in France » ?

Nous avons choisi de tout faire en interne : fabrication, préparation des colis, service client… Il est de plus en plus difficile de conserver une fabrication 100% française face à la concurrence étrangère, mais c’est un choix auquel nous tenons et auquel nous croyons à long terme. Nous compensons le coût de fabrication très élevé par la maitrise de la qualité, une grande réactivité, et nous fonctionnons dans une logique de commerce équitable : fabricant et revendeurs acceptent de baisser leurs marges, pour proposer au client final un produit de qualité et produit durablement, à un prix accessible.

D’un point de vu personnel, vous êtes un exemple de réussite d’une « Mompreneur », maman et chef d’entreprise, comment avez-vous réussi à concilier les 2 ?

Les premières années, cela n’a pas été facile. Je faisais tout moi-même et j’avais 3 enfants en bas âge, je courais toute la journée et je travaillais 7 jours sur 7. Plus l’entreprise se développe, plus je peux déléguer, et l’arrivée de mon conjoint en renfort m’a permis de souffler, de sortir la tête du guidon et d’avancer sur de nouveaux projets. Mes semaines font encore plus de 35 heures et je ne décroche jamais totalement du travail, mais je rentre tôt le soir, je ne connais pas les embouteillages, je travaille à la maison le mercredi, et je consacre beaucoup de temps à faire du sport. Après quelques années difficiles, j’ai finalement un meilleur confort de vie qu’avec mon ancien emploi de cadre à 50km de la maison, et je n’envisage pas de redevenir un jour salariée.

Merci à Aline pour son témoignage très intéressant et motivant pour toutes les créatrices et entrepreneuses !



5 thoughts on “Interview Exclusive de la créatrice de P’tits Dessous : Aline Wauquier nous parle de son parcours…”

  • Bonjour,

    je suis étudiante et dans le cadre d’un projet scolaire, je suis en train de réaliser une étude de marché sur la création de couche lavable. j’ai regardé votre blog et le trouve très intéressant, je me permet donc de mettre le lien de mon questionnaire pour avoir un avis sur l’utilisation de ces couches, des nouveautés, … et pourquoi pas si vous avez un peu de temps m’orienter ?
    je vous en remercie par avance,

    Cordialement,

    Vanessa.

  • Bonsoir,

    Je suis actuellement à la recherche d’une activité commerciale et la diffusion d’un reportage sur vos produits avait retenu mon attention. Etant mère de famille également et habitant la région béthunoise, je trouvais votre idée très intéressante.
    Etes vous à la recherche de vendeuses à domicile et comment puis-je faire pour rejoindre votre réseau de vente ?

    Cordialement
    Mireille BOUILLET

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.