En France, les violences éducatives ordinaires laissent place à l’éducation bienveillance

En France, les violences éducatives ordinaires laissent place à l’éducation bienveillance

Depuis le projet de loi voté en juillet dernier, l’humiliation, la fessée ou encore les moqueries sont désormais proscrits, et c’est de manière officielle que le code civil a écrit que « l’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques ».

Issue d’un héritage historique, l’éducation traditionnelle est peu à peu délaissée au profit d’une pédagogie bienveillante et positive allant à l’encontre des violences éducatives ordinaires.

Toutefois, dans ce contexte de changement, la sphère parentale se questionne et certains peuvent remettre en question le rôle de leur vie. Comment trouver son propre équilibre avec son enfant ?

Dans cet article, on fait donc le point sur un mouvement qui prend de l’ampleur.

Préambule : c’est quoi les violences éducatives ordinaires ?  

Aujourd’hui, en France 87 % des enfants subissent quotidiennement des pratiques punitives et correctives auxquelles les parents ont recours « à titre éducatif ». Ces pratiques sont appelées violences éducatives ordinaires (VEO). Elles sont décrites comme ordinaires, car banales et qu’avec le temps, elles ont fait partie intégrante d’un modèle éducatif.

Ces violences ordinaires donc, regroupent tout actes liés à la violence physique, psychologique ou verbale. Fessées, menaces, gifles, humiliation… Ces pratiques sont souvent données pour des « raisons instructives », mais c’est l’effet inverse qu’elles produisent sur l’enfant.

C’est pourquoi, des rapports en neurosciences ont démontré l’impact de ces « gestes banalisés » sur le comportement des enfants. Grâce aux études, 3 grandes répercussions ont été pointées du doigt. Selon celles-ci, les châtiments corporels dans le cadre de violences éducatives ordinaires auraient comme conséquence :

  • Une entrave au bon développement de l’enfant ;
  • Des répercussions sur le devenir de l’adulte ;
  • Une emprunte sur la descendance.

Violences éducatives ordinaires : la France rattrape son retard

Si autrefois les châtiments corporels à visée éducative étaient perçus comme une banalité quotidienne visant à donner une correction à titre « pédagogique » il en est tout autrement aujourd’hui. En effet, nombreuses associations et organismes ont fait entendre leur voix afin d’interpeller le gouvernement sur les violences éducatives ordinaires.

Ce mouvement a eu gain de cause, car depuis le 10 juillet 2019, le sénat a adopté une loi « anti-fessée » ayant pour but d’interdire ces gestes banalisés. Depuis cette date, la France est désormais le 56ème pays de l’Union Européenne à avoir considéré de manière légale la problématique des châtiments corporels.

Cependant, la réalité est moins enchantée. Les mesures d’accompagnement envers la prohibition des violences éducatives sur les enfants n’ont toujours pas été publiées. Concrètement, on ne sait toujours pas comment cette loi sera appliquée. Par exemple, les professionnels travaillant de près ou de loin avec les enfants n’ont à ce jour, pas reçu de formation préventive qui entrent dans le cadre de la loi d’interdiction des violences éducatives ordinaires.

Dernière actualité en date, à la fin janvier 2020, l’association STOPVEO a interpellé une nouvelle fois le ministère afin de réclamer le déploiement de mesures concrètes ayant pour but de rendre la loi effective. 

violences éducatives ordinaires, enfant puni
Enfant puni I via Magicmaman

En attendant, les parents pour qui, ce changement fait sens se questionnent sur leur propre parentalité. Comment revoir ce mode d’éducation qui, depuis des années a constitué une norme chez beaucoup de familles ?

L’éducation positive, nouvelle forme de pédagogie ?

Au travers de cette loi, qui constitue un progrès pour le droit des enfants, cette décision vient soulever des interrogations pour les parents, qui peuvent se questionner sur leur rôle.

Alors, comment agir face au comportement d’opposition ou de colère de son enfant ?

Au travers de cet article, on vous partage 3 principes clés de l’éducation bienveillante. Il ne va pas sans dire qu’il est difficile d’intégrer les principes de la parentalité positive à la lecture d’un seul article. Par conséquent, informez-vous au maximum auprès de références fiables comme l’association STOPVEO ou encore France Parrainage qui sont acteurs du changement sur cette thématique. Investissez dans des livres comme « Grandir heureux, une aventure en famille » de Marion Mc Guinness. Tout est une question d’apprentissage autant pour votre que pour votre enfant. Être un parent conscient demande du temps et de l’information.

Définir un environnement de protection

Définir un cadre s’impose comme une base. Vous ne construiriez pas votre maison sans penser à ses fondations ? Il en est de même pour l’éducation de l’enfant. Ce socle ou ce cadre, c’est là où tout se créer et c’est le point de départ d’une relation saine et équilibrée entre le parent et l’enfant. La notion de protection est extrêmement importante, car par définition un cadre se veut rassurant et protecteur pour l’enfant. Lui mettre des limites, c’est lui rendre service.

Qui dit cadre, dit règles, et c’est là que tout se joue.

  • Définissez des règles soigneusement choisies pour le bien commun de la famille et du climat environnant ;
  • Communiquez : les règles doivent être claires et précises pour faciliter la compréhension ;
  • Décrivez le règlement en fonction des valeurs familiales et des convictions ;
  • Faites comprendre la distinction entre les règles souples et négociables (exemple, la musique est autorisée sauf si quelqu’un se repose) et les règles que l’on ne peut pas franchir (exemple, ne pas faire du mal à autrui).

Proscrire les châtiments corporels

Punir, faire du chantage ou encore donner une fessée afin de modifier le comportement de l’enfant et le faire aller dans son sens, c’est avant tout entrer dans une lutte de pouvoir, afin de faire valoir son autorité et dominer.

Au contraire, la parentalité bienveillante bannit le recours aux gestes punitifs. En effet, les enfants peuvent percevoir les VEO comme un traumastime. Dans ce cas, les gestes peuvent entraîner des répercussions sur le développement jusqu’à altérer l’attitude une fois l’âge adulte atteint.

C’est pourquoi, l’une des réponses aux châtiments corporels, est la communication ou le dialogue. L’idée est de laisser de côté le rapport de force afin de laisser place à l’écoute et à la compréhension des besoins.

Selon Jesper Jull, chercheur Danois en sciences du jeu, l’accompagnement est le maître-mot :

« Les enfants n’ont pas besoin d’être éduqués, mais d’être accompagnés avec empathie. »

Et pour preuve, les pays nordiques comme la Suède sont devenus des exemples depuis l’abolition des violences éducatives ordinaires en 1979. Les études ont rapporté une baisse significative des violences au sein des foyers notant le point de départ vers une évolution sociétale, car le vol chez les jeunes, la consommation de drogues, d’alcool ou la mise en foyer s’est également vu diminuer. Selon OVEO « Aujourd’hui, les parents ne pensent même plus à recourir à la tape pour modifier le comportement de leur enfant : ils passent par le dialogue. »

La bienveillance au cœur de la communication

Dans l’approche d’une parentalité non violente, la volonté d’imposer au travers d’un geste, d’une parole ou d’une action psychologique (chantage) une décision à l’enfant, est contre-productive, car, comme mentionné plus haut, c’est l’accompagnement par le biais de la bienveillance et de la communication qui va servir de socle à cette relation parent-enfant.

À lire : la DME, le point sur cette approche qui favorise l’autonomie des bébés

Dans le quotidien, la bienveillance s’exprime en autre par :

  • Une communication positive : les formulations positives sont à privilégier. Par exemple, il est bon de dire « parle plus doucement » que « ne crie pas ». C’est une invitation au bon développement cognitif chez l’enfant qui va exclure lui-même de son langage les tournures négatives.
  • Une volonté de souligner ce qui est bien : on a souvent tendance à mettre en évidence ce qui ne va pas. L’idée est de faire le contraire et de mettre en exergue tout ce qui est positif chez l’enfant. On peut aussi inviter l’enfant à identifier lui-même ce qui s’est bien passé dans sa journée au travers d’une simple discussion à table. Ça permet d’entretenir un fil conducteur basé sur les petites actions du quotidien qui font du bien.
  • Un accompagnement vers la compréhension : aider l’enfant à comprendre ses actes et ses erreurs, c’est lui permettre d’avoir un regard sur ses propres émotions. Cette manière de le responsabiliser, c’est lui donner une part d’autonomie en favorisant la prise de confiance.

Violences éducatives ordinaires, le mot de la fin

Remettre en question sa propre éducation, c’est toute la difficulté de la parentalité positive. Il faut être prêt à mettre de côté les principes sur lesquels on s’est construit afin de proposer à l’enfant une nouvelle manière de communiquer. Désormais scientifiquement prouvée, l’éducation positive est une pédagogie qui ne cesse de convaincre la sphère parentale de plus en plus consciente.

Et vous, l’éducation positive, vous la pratiquez ?

L’équipe Maman Natur’elle.

À lire : faut-il redouter le voyage avec son enfant ?



1 thought on “En France, les violences éducatives ordinaires laissent place à l’éducation bienveillance”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.